Partager l'article ! Les paris douteux de Bernard Laporte: Qu’est devenu le site de Bernard Laporte, celui-la même où l’on pouv ...
Qu’est devenu le site de Bernard Laporte, celui-la même où l’on pouvait acheter pendant la Coupe du monde des maillots du XV de France paraphés de la main du sélectionneur pour la modique
somme de 146 Euros ? On a connu enquête plus difficile.
Il suffit de taper www.bernardlaporte.com dans la barre
d’adresse et l’on échoue sur un site en tous points semblable à l’ancien mais rebaptisé www.latribudurugby.com. Sans doute un louable accès de discrétion républicaine de la part du secrétaire
d’Etat aux sports. Laporte aurait-il retiré ses billes du Net ? Un détour par la page des mentions légales lève, en partie, l’ambiguïté : le directeur de publication du site est Didier Démonchy,
une vieille connaissance de Bernie le dingue. Les deux hommes cogéraient la société immobilière Socatest, au cœur de la croquignolesque embrouille du Roof de la Teste. L’histoire mérite
un bref rappel des faits : après le refus d’un permis de construire pour un projet de centre d’affaires à 15 millions d’Euros, Laporte s’était fendu d’une lettre ouverte jugée diffamatoire au
président de la Cubas (Communauté urbaine chargée localement de l'eau et des déchets) à l’origine du refus, le
socialiste François Deluga.
Comme un agneau naïf et trop zélé...
Précision importante : l’affaire se déroulait dans l’entre deux tour des législatives 2006 et le futur secrétaire d’Etat soutenait avec toute la fougue qui le caractérise la candidate UMP opposée
à François Deluga. Bon camarade, Didier Démonchy avait tenté de dédouaner son compère en le présentant comme un agneau naïf et trop zélé perdu dans la jungle des joutes politiques locales. Malgré
cette belle démonstration d’amitié, Didier Démonchy ne figure plus au premier rang des fréquentations qu’on exhibe en public. Ce qui ne l’empêche pas de demeurer directeur de publication
de www.latribudurugby.com, le site autrefois connu sous le nom de
www.bernardlaporte.com. Et plus si affinités puisque l’adresse de la
société La Tribu du Rugby, hébergeuse du site du même nom, sise 10 rue Harroun Tazzief (sic), 33150, Cenon, est la même que celle du siège social de Bernard Laporte News, boîte créée le premier janvier
2007 et dont le gérant est Didier Démonchy.
Miser sur les matchs de l'équipe de France
Quant au contenu du site, ce n’est guère brillant… On n’y vend plus de maillots au double du prix du baril de brutes mais la page d’accueil n’a pas dû être actualisée depuis les premiers crampons
de'André Boniface. Seul un maigre « Club VIP » ou Paul Bocuse, Faudel et autres Luc Alphand rivalisent de démonstrations d’amour pour le beau pays d’Ovalie tente d’insuffler un peu de bling-bling à la
chose.
Il y a toutefois une actualité récente : deux bandeaux de publicité clignotants qui, sur toutes les pages du site, proposent de miser sur les matchs de l’équipe de France dans le tournoi des VI
nations.
Paris gagnants à tous les coups
Ces bannières mènent sur Betclic.com, un site anglais de paris en ligne, activité qui reste, pour l’heure et jusqu’à la fin
du monopole de la Française des jeux exigée par l’Europe, totalement interdite en France. Et il n’est guère plus légal d’en faire la promotion sur un site Internet français. D’aucuns pourraient
même trouver un rien ébouriffant qu’un site créé par le secrétaire d’Etat aux sports gagne, indirectement, de l’argent grâce aux paris en ligne. Surtout si l’on se réfère à la noble réponse faite
par Bernard Laporte au député socialiste Pascal Deguillem qui l’interrogeait, le 7 novembre 2007, sur la fin du monopole de la Française des Jeux : « Le Gouvernement tient en effet à préserver un modèle d’organisation des jeux permettant le respect des objectifs d’ordre public et
social auxquels il est attaché. Ainsi, les entreprises actives sur Internet devront respecter un cahier des charges et obtenir un agrément de la France, et une partie des recettes fiscales devra
revenir à l’État. (…) Quelles que soient les évolutions du monopole des jeux, soyez assuré que le Gouvernement agira au mieux des intérêts du sport
français. »
Un parrain nommé Marcel Desailly
Et peut-être des sportifs français. Car, détail amusant, Betclic est parrainé par l’inénarrable Marcel Desailly
qui déclarait dans le communiqué officiel de l’entreprise saluant l’arrivée du footballeur en août 2006 : « Pour faire mes paris j’ai choisi Betclic. C’est un site convivial, sûr et efficace. De plus lorsque j’ai gagné mes premiers paris, je n’ai pas eu de mauvaise surprise, l’argent a vite
été transféré sur mon compte. »
Ouf ! Tant d’éloges venant du nouvel ambassadeur de la lutte contre le racisme dans le sport nommé par Bernard Laporte le 21 février ne peuvent que rassurer sur le sérieux de l’entreprise dont le
site de Bernard Laporte fait la promotion. Et les derniers doutes sur BetClic
Limited seront balayés si l’on ajoute que la société britannique est en passe d’être rachetée par Stéphane
Courbit qui cherche à investir les quelques 450 millions d’Euros provenant de la vente de ses parts d’Endemol au groupe espagnol Telefonica. Stéphane Courbit a-t-il été tuyauté sur
Betclic par Bernard Laporte lors de la
fameuse nuit du Fouquet’s où ils étaient présents tous les deux aux côtés du Président fraîchement élu comme le racontent Judith Perrignon et Ariane Chemin dans leur livre
(La Nuit du Fouquet’s, Fayard) ? Espérons-le sinon c’est à se demander à quoi servent les dîners en ville…
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