Dimanche 30 mars 2008 7 30 /03 /Mars /2008 05:54
 

 

 
Qui mieux qu'un psy peut dire n'importe quoi sur mai 68, Sarkozy et les autres ? Interview de Jean Tassepix, psy donc.


Pour vous il ne peut pas y avoir de reproduction de mai 68. Pourquoi ?


Parce que mai 68 s'inscrivait dans une historicité psychologique. Pour résumer, on se souvenait de mai 67 et on envisageait mai 69, année érotique. Et je ne cite pas au hasard la chanson de Gainsbourg : Au sens propre, il y avait quelque chose là qui était de l'ordre de l'érotisation de l'Histoire. On était en gros dans un cadre oedipien. Je ne parle pas de la substance ontologique de mai 68, trop riche, trop diverse mais de la représentation qu'il était, qu'il est possible d'en avoir et qui fait de ce moment une réalité sociale descriptible, un produit historique avec des figures et des épisodes clairement repérables. Contrairement à ce que l'on croit, on était dans une forme d'organisation du désir, de la prise en compte du « ça », donc de la reconnaissance des motions pulsionnelles. L'injonction « jouissez sans entraves », le fait de nommer le désir même si c'est pour en affirmer la primauté absolue, c'est déjà de la mise en ordre. L'érotisation, c'est du devenir adulte, de la prise en charge du réel.



Mais les médias et les hommes politiques ne cessent de nous dire qu'il faut prendre en compte le réel...


A la radio, j'ai entendu récemment un lapsus d'un journaliste : « la chute de personnalité » de Nicolas Sarkozy au lieu de sa chute de « popularité », la « destruction de la statue intérieure » aurait dit Lacan.... Même les journalistes voient ça... C'est dire.. Et cette phrase devait introduire une interview de Patrick Devidjan. Et Patrick Devidjan a prononcé au moins trois fois le mot « fantasme ». Pour dire qu'il faut « Tuer les fantasmes ». Et quand le fantasme surgit dans le discours comme ça, au milieu des mots d'un homme politique à plusieurs reprises, c'est signifiant, ça tente de nommer de l'innomable. Ca veut dire que quelque chose « gratte » derrière. Et les hommes politiques ne sont pas absents ou en surplomb d'un espace psychosocial. La différence avec « M. tout le monde » c'est qu'ils sont à la fois en amont et en aval de la machine à produire du symptome. Ils sont, dans le même mouvement, producteurs et consommateurs de symptome.


Oui, mais il y a quand même ce qu'on appelle la Démocratie...


Je crains que la Démocratie soit devenue une représentation et non plus une composante de la réalité... Les Français ont élu une maladie mentale. La pathologie de Sarkozy, qu'il soit bipolaire ou pervers, n'est pas un problème en soi. Ce n'est pas la première fois qu'un peuple est gouverné par un malade. C'est même une constante, une constante qui est celle du passage à l'acte : « je » fantasme une forme de toute puissance, d'accord, tout le monde, tous les enfants fantasment ça, mais la mise en acte de ce fantasme, ça c'est du pathologique donc du politique. Entendons nous bien : du pathologique socialement acceptable, voire utile et structurant à l'échelle d'une société. L'organisation sociale repose sur une somme énorme d'interdits mais ce qui fait la dynamique d'une société ce sont les passages à l'acte, toutes ces petites transgressions quotidiennes.


Quoi de nouveau avec Sarkozy alors ?


Et bien je crois que les Français ont non seulement élu une maladie mentale mais qu'ils l'ont élue en toute connaissance de cause. Et c'est ça le gros problème : L'élection de Nicolas Sarkozy est un passage à l'acte collectif, la preuve d'une société qui se sent borderline et qui jouit de ce funanbulisme. Et non pas une jouissance qui serait du côté de l'Eros, comme en 68, mais bien du côté de Thanatos, mortifère.


A priori donc les conditions semblent réunies pour une révolte...


Non. Car on est dans une autre temporalité. On est dans du pré-oedipien, du pré-historique, pire dans de l'anhistorique. On est aux portes de la psychose. Ce qui suinte là, à travers chaque pore de la société c'est du psychotique. Si révolte il y a, si se réalise un mouvement « populaire » (et j'exige les guillemets ), il sera, par essence, morbide et auto-destructeur. Car, quand on commence à croire qu'il est possible d'obéir à des injonctions contradictoires, qu'il est possible d'être à la fois noir, blanc et gris, pauvre et riche, de droite et de gauche, communiste et patron, il y a gros danger. Or, quand le Réel fait retour dans une structure pychotique, c'est dévastateur.


Concrètement ?


Prenons l'exemple d'un chômeur : il entend que le chômage baisse. Il en prend acte mais il sait que son chômage à lui ne baisse pas. Le chômage de ses amis, des gens qu'il connaît, non plus. La réaction logique, intellectuelle, politique serait qu'il dise : c'est un mensonge le chômage ne baisse pas : ma situation sociale, financière, professionnelle en est la preuve donc j'agis, je vote, je proteste en conséquence. Or ça ne se passe pas -ou plus- comme ça. La réalité discursive, politisée, médiatisée, et la réalité immédiatement perçue coexistent en contradiction, dans un inquiétant clivage que le corps socialaisé ne décorrobore plus.


Pourquoi ?


C'est la grande question. Je ne sais pas.


Quid de Bayrou ?


Bayrou, le Modem, c'est juste une tentative de domestiquer cette impasse psychotique. Un truc qui rassemble des gens qui fantasment à fond la caisse et qui ont peur d'un processus qu'ils ont eux-mêmes contribué à produire par leur inculture politique et leur doux narcissisme. Mais Royal c'est autre chose. C'est pire. C'est l'autre face du symptome sarkozien. J'ai été frappé pendant la campagne par sa déshumanisation volontaire, construite, ellaborée peu à peu, et vaguement sucidaire. Ses bourdes étaient, je crois, le résultat de cette mise en retrait d'elle-même au profit d'une posture qu'elle voulait, qu'elle veut encore croire, présidentielle ou plus précisément mitterrandienne. Et l'autosurveillance permanente à laquelle elle s'astreint, l'effort énorme pour maintenir le masque figé provoquent nécessairement le retour de l'inconscient donc du lapsus et de la gaffe. Mais plus profondément, il semble exister en elle une tension entre les deux origines du pouvoir : en tant que femme Politique, elle souhaite imposer une image matriarcale, une image de mère attentive et compatissante, sévère et juste. Mais à un niveau archaïque, elle a le sentiment de ne détenir le pouvoir que par délégation du Père. Et toute son histoire personelle, sur laquelle je ne reviendrai pas, en atteste. Tandis que Sarkozy détient le pouvoir de la Mère. Son « J'ai changé » n'existe que comme une métaphore de l'accouchement. C'est un homme qui veut sans cesse être réaccouché : il ne peut exister et se perpétuer que dans un un regard féminin, maïeutique. Pile l'inverse de Ségolène Royale qui rêve d'avoir été accouchée par une bite... Et ceci crée des liens secrets.... Entre deux... Entrent eux deux...


Pourquoi ?


Vous croyez qu'un psy a réponse à tout ? Si vous étiez capable de formuler d'autres questions je formulerais peut-être d'autres réponses. Continuez simplement à les observer et à vous demander s'il n'y a pas entre Sarkozy et Royal, une espèce de complicité souterraine, latente... Bref, on s'en contretamponne un peu le coquillard. Il y a, je crois, une option plus optimiste : la mise au pouvoir de Sarkozy est peut être comparable à une mise en mots, à une exteriorisation de la souffrance psychique. La logique auto-destructrice est mise à nu chez cet homme. Nul ne peut s'empêcher de la voir. Elle est même revendiquée. Il peut y avoir quelque chose de sacrificiel dans sa destinée : je crois que les Français savouraient à l'avance le plaisir qu'ils allaient éprouver à le haïr. Ils l'ont élu pour ça. En fait la question pourrait être « Sarko suffira-t-il ? ». Car, comme je l'ai dit la structure psychotique de la socité préexiste à l'élection de Sarkozy. La grande question est : La mise au pouvoir de Sarkozy est-il un pur acte auto-destructeur, comme les actes d'auto-mutilation chez les grands psychotiques ou bien l'embryon d'une reconstruction du Moi collectif fédéré autour de la détestation d'un homme: Laissons cet homme assumer ces réalités contradictoires puisqu'il les formule si bien. Et dépassons la contradiction en détruisant cet homme avant que nous ne nous détruisions nous-mêmes. Quoi qu'il en soit, il y aura de la souffrance. Je crains.



Merci docteur...


Appelez-moi « maître ». L'important n'est-il pas aujourd'hui de se faire « Maître » ?


Par Un vautour
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Mercredi 19 mars 2008 3 19 /03 /Mars /2008 12:53

 

Pour se renflouer, le FN vend sur son site d'amusants gadgets, cartes postales et autres tee-shirts souvent illustrés par Ignace un dessinateur dont on ne sait s'il faut louer surtout la virtuosité du trait ou la finesse de l'esprit. En témoigne ce sommet d'humour glacé et sophistiqué : 

CapturerIgnace.JPG


 Il est simplement dommage que le parti de Jean-Marie Le Pen ne laisse pas la bride sur le cou à cet artiste au petit nom charmant, qui, quand il se lâche un peu, par exemple sur le site des Jeunesses patriotiques de l'Eure, renoue avec une verve que l'on croyait oubliée depuis les années trente.

CapturerIgnace3.JPG
Par Un vautour
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 17:30

C'était l'un de ces scoops qui font l'Honneur de la presse française : Carla Bruni est enceinte de trois mois. Dans son style inimitable, Point de vue levait pudiquement un coin de voile sur les secrets gynécologiques de la première dame de France. Souvenons-nous...

 

undefined « Quelqu'un m'a dit que c'était pour bientôt. (...) Quelqu'un   m'a dit l'avoir croisé à l'Hôpital Américain. De quoi relancer les rumeurs d'un bonheur annoncé.

Quelqu'un m'a téléphoné d'une voix réjouie: "J'ai une merveilleuse nouvelle pour vous. Vous voyez de qui, de quoi, je veux parler ? (...) Et bien oui, c'est vrai, je vous le confirme. Elle attend un enfant." Pour l'instant le secret est bien gardé, mais les premiers signes sont là. Quelqu'un m'a dit qui en a fait plus d'un : "Regarde et tu verras" ».


   Hélas, dans un incompréhensible accès de modestie, les plumes de Point de Vue n'avaient pas livré les secrets de leur scoop aussitôt repris par les plus grands médias nationaux. Afin de rendre hommage à l'énorme travail d'investigation mené par ces journalistes, nous avons décidé de raconter...


LES COULISSES DE L'EVENEMENT 

Tout commence le quatre février 2008. Le magazine people italien Chi écrit :

Mama Mia ! La esposa del presidente francese, elle a un bambino en el ventro despuis tres meses !. (NDLR : N'ayant pu retrouver l'article original, nous citons de mémoire et notre mémoire, contrairement à bien des femmes, ne nous a jamais trompés.)


Le jour même, l'information est reprise par quelques dizaines de milliers de sites confidentiels comme celui de Vogue Angleterre (voir ci-dessous) et par un journal seulement connu d'une poignée d'initiés, 20 minutes.


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Le treize février
, soit à peine plus de neuf jours après la parution de la nouvelle dans Chi, Point de Vue Images du monde sussurait à l'oreille d' une France rosissante de bonheur et tremblante d'émotion ce titre en Une : « Un bébé à l'Elysée !»


Trente jours après ces révélations et pour ne pas être en reste, Les dents du vautour vous livrent à leur tour un scoop : CARLA BRUNI EST ENCEINTE DE QUATRE MOIS !!!


Par Un vautour
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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /Mars /2008 01:03

  

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Qu’est devenu le site de Bernard Laporte, celui-la même où l’on pouvait acheter pendant la Coupe du monde des maillots du XV de France paraphés de la main du sélectionneur pour la modique somme de 146 Euros ? On a connu enquête plus difficile.

   
 
Il suffit de taper www.bernardlaporte.com dans la barre d’adresse et l’on échoue sur un site en tous points semblable à l’ancien mais rebaptisé www.latribudurugby.com. Sans doute un louable accès de discrétion républicaine de la part du secrétaire d’Etat aux sports. Laporte aurait-il retiré ses billes du Net ? Un détour par la page des mentions légales lève, en partie, l’ambiguïté : le directeur de publication du site est Didier Démonchy, une vieille connaissance de Bernie le dingue. Les deux hommes cogéraient la société immobilière Socatest, au cœur de la croquignolesque embrouille du Roof de la Teste. L’histoire mérite un bref rappel des faits : après le refus d’un permis de construire pour un projet de centre d’affaires à 15 millions d’Euros, Laporte s’était fendu d’une lettre ouverte jugée diffamatoire au président de la Cubas (Communauté urbaine chargée localement de l'eau et des déchets) à l’origine du refus, le socialiste François Deluga.

Comme un agneau naïf et trop zélé...

Précision importante : l’affaire se déroulait dans l’entre deux tour des législatives 2006 et le futur secrétaire d’Etat soutenait avec toute la fougue qui le caractérise la candidate UMP opposée à François Deluga. Bon camarade, Didier Démonchy avait tenté de dédouaner son compère en le présentant comme un agneau naïf et trop zélé perdu dans la jungle des joutes politiques locales. Malgré cette belle démonstration d’amitié, Didier Démonchy ne figure plus au premier rang des fréquentations qu’on exhibe en public. Ce qui ne l’empêche pas de demeurer directeur de publication de
www.latribudurugby.com, le site autrefois connu sous le nom de www.bernardlaporte.com. Et plus si affinités puisque l’adresse de la société La Tribu du Rugby, hébergeuse du site du même nom, sise 10 rue Harroun Tazzief (sic), 33150, Cenon, est la même que celle du siège social de Bernard Laporte News, boîte créée le premier janvier 2007 et dont le gérant est Didier Démonchy.

Miser sur les matchs de l'équipe de France


Quant au contenu du site, ce n’est guère brillant… On n’y vend plus de maillots au double du prix du baril de brutes mais la page d’accueil n’a pas dû être actualisée depuis les premiers crampons de'André Boniface. Seul un maigre « Club VIP » ou Paul Bocuse, Faudel et autres Luc Alphand rivalisent de démonstrations d’amour pour le beau pays d’
Ovalie tente d’insuffler un peu de bling-bling à la chose. 

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Il y a toutefois une actualité récente : deux bandeaux de publicité clignotants qui, sur toutes les pages du site, proposent de miser sur les matchs de l’équipe de France dans le tournoi des VI nations.

 Paris gagnants à tous les coups     
                                 

Ces bannières mènent sur Betclic.com, un site anglais de paris en ligne, activité qui reste, pour l’heure et jusqu’à la fin du monopole de la Française des jeux exigée par l’Europe, totalement interdite en France. Et il n’est guère plus légal d’en faire la promotion sur un site Internet français. D’aucuns pourraient même trouver un rien ébouriffant qu’un site créé par le secrétaire d’Etat aux sports gagne, indirectement, de l’argent grâce aux paris en ligne. Surtout si l’on se réfère à la noble réponse faite par Bernard Laporte au député socialiste Pascal Deguillem qui l’interrogeait, le 7 novembre 2007, sur la fin du monopole de la Française des Jeux : « Le Gouvernement tient en effet à préserver un modèle d’organisation des jeux permettant le respect des objectifs d’ordre public et social auxquels il est attaché. Ainsi, les entreprises actives sur Internet devront respecter un cahier des charges et obtenir un agrément de la France, et une partie des recettes fiscales devra revenir à l’État. (…) Quelles que soient les évolutions du monopole des jeux, soyez assuré que le Gouvernement agira au mieux des intérêts du sport français. » 

Un parrain nommé Marcel Desailly 

  
Et peut-être des sportifs français. Car, détail amusant, Betclic est parrainé par l’inénarrable Marcel Desailly qui déclarait dans le communiqué officiel de l’entreprise saluant l’arrivée du footballeur en août 2006 : « Pour faire mes paris j’ai choisi Betclic. C’est un site convivial, sûr et efficace. De plus lorsque j’ai gagné mes premiers paris, je n’ai pas eu de mauvaise surprise, l’argent a vite été transféré sur mon compte. » 

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Ouf ! Tant d’éloges venant du nouvel ambassadeur de la lutte contre le racisme dans le sport nommé par Bernard Laporte le 21 février ne peuvent que rassurer sur le sérieux de l’entreprise dont le site de Bernard Laporte fait la promotion. Et les derniers doutes sur
BetClic Limited seront balayés si l’on ajoute que la société britannique est en passe d’être rachetée par Stéphane Courbit qui cherche à investir les quelques 450 millions d’Euros provenant de la vente de ses parts d’Endemol au groupe espagnol Telefonica. Stéphane Courbit a-t-il été tuyauté sur Betclic par Bernard Laporte lors de la fameuse nuit du Fouquet’s où ils étaient présents tous les deux aux côtés du Président fraîchement élu comme le racontent Judith Perrignon et Ariane Chemin dans leur livre (La Nuit du Fouquet’s, Fayard) ? Espérons-le sinon c’est à se demander à quoi servent les dîners en ville…

Par Un vautour
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